La langue est le principal représentant d’un peuple. Elle le rassemble car elle est commune à tous ses citoyens. Quelle serait donc cette langue qui rassemblerait tous les Marocains ?
95 % des marocains ne parlent ni arabe littéraire, ni français, ni espagnol…
L’arabe est la langue des marocains. Nul ne peut le nier. Cependant, celle-ci est peu, voire pas du tout, pratiquée. Rares sont les domaines qui résistent à l’avancée de la darija comme les journaux télévisés – même si, durant les reportages, les témoignages restent en darija ; les revues et journaux (même s’il y en a de plus en plus en darija, l’arabe littéraire reste majoritaire), ou encore l’enseignement. Mais ce dernier point reste à voir vu l’état critique de l’enseignement national. De plus, selon certains revendicateurs de la darija, lorsque l’élève marocain, se rend à l’école à l’âge de 7 ans, il doit apprendre une langue totalement étrangère à la sienne. L’absence de la pratique de l’arabe littéraire est donc souvent utilisée comme argument par les défenseurs de la darija ou encore de l’amazigh. Il en arrive même à faire de l’arabe le bouc-émissaire de ces revendicateurs. Sauf que l’arabe littéraire est tout aussi victime puisque c’est une langue marginalisée, non pas par les autorités officielles comme l’est la darija, mais par le peuple lui-même… Toutefois, il existe un domaine où l’arabe classique est prépondérante, voire sacrée. Il s’agit du domaine religieux : l’arabe étant la langue du Coran, il faut absolument l’apprendre pour tout musulman. Sauf que, comme le signale Ahmed Bennabes, citoyen marocain qui a publié un article dans La Vie Eco de septembre 2003, « on oublie tout simplement que les plus grands pays musulmans sur terre sont ceux qui enseignent leur langue nationale comme l’Iran, l’Indonésie, la Turquie ou encore le Pakistan ». L’arabe littéraire n’est donc officiel que par son statut mais elle ne peut être la langue du peuple marocain vu qu’il ne l’utilise presque pas.
En revanche, le français est de plus en plus utilisé au Maroc puisque ce dernier est un pays francophone. En effet, le français est la langue administrative du Maroc. On y parle, travaille et étudie en français. De la maternelle au supérieur, à des degrés différents selon que le système soit privé ou public, les études se font en français. De plus, même en dehors du milieu administratif ou éducatif, le français est beaucoup pratiqué : dans les banques, les restaurants, les magasins,… Partout on parle français. Sauf que cette pratique reste limitée au paysage urbain. Le français ne peut donc être la langue de tout un peuple puisqu’il n’est pas commun à tous ses citoyens. De plus, le français reste la langue des colonisateurs ; et elle ne pourrait donc être langue officielle tout simplement par fierté des marocains. L’hypothèse du français comme langue officielle est donc doublement rejetée : tout d’abord puisqu’elle est spécifique à une partie seulement des citoyens ; mais aussi à cause de l’esprit nationaliste marocain.
De même pour l’espagnol qui ne concerne qu’une minorité de marocains (au Nord et au Sud) et qui est très peu pratiqué même dans ces régions-là.
Amazigh : langue légitime
L’amazigh est la langue du peuple originel. Elle a donc une certaine légitimité et mérite d’être reconnue. En effet, depuis le milieu des années 1990 déjà, les Amazighes ont droit au journal télévisé dans leur langue maternelle. Et depuis quelques années, l’enseignement de l’amazigh se fait à l’école dans les régions berbères. Cependant, certains se plaignent de sa mauvaise qualité. Mais cela n’est pas nouveau en ce qui concerne l’enseignement national…
Dernièrement, le secteur de la communication s’est lui aussi dirigé vers l’amazigh avec notamment la publicité mais aussi l’industrie du téléphone et le premier téléphone portable en tifinagh (alphabet amazigh). Restent encore les administrations et tous les autres services… Mais aussi, grande revendication des Amazighs : une constitution en version berbère, la laïcité et un Etat fédéral,… Mais cela ne joue pas sur la langue mais sur le domaine politique. De plus, il existe au Maroc trois variantes de la langue amazigh (le rifain, le tamazight et le tachelhit) qui se distinguent parfaitement.
On pourrait donc se demander pourquoi l’on reconnaitrait l’amazigh qui, en plus d’être différent d’une région à l’autre, n’est parlé que par 40 % des Marocains et ne pas reconnaitre la darija qui, elle, est plus ou moins parlée par la quasi-totalité des Marocains.
Darija, langue du peuple ?
La darija apparait comme LA langue du peuple marocain puisque c’est la seule qui est plus ou moins parlée partout dans le royaume (même dans les régions berbères on arrive à se comprendre, notamment avec les touristes), mais aussi puisqu’elle regroupe des mots des diverses langues marocaines. Cependant, comme l’indique l’écrivain Mohamed Choukri : « Après l’indépendance, le pays a adopté une politique d’arabisation qui voyait la darija comme une forme corrompue de l’arabe » du fait qu’elle comprenne des mots étrangers (notamment le français et l’espagnol). Cependant, cela n’a pas empêché son utilisation dans plusieurs secteurs comme le commerce et cela depuis toujours. Mais aussi dernièrement, dans le domaine de la communication avec les publicités (Sma3ni de Maroc Télécom, par exemple) ou encore l’information (Nichane, Al Amal, Khbar
Bladna,…). Mais aussi dans le domaine artistique, notamment le cinéma, la musique (Bigg, Hoba Hoba Spirit,…), et dernièrement la littérature avec Tqarqib ennab, le dernier livre de Youssouf Amine El Alami. En effet, la darija permet la découverte des talents marocains mais aussi la scolarisation d’un plus grand nombre de personnes.
Elle est donc passée de l’oralité (le commerce) à l’écrit (la littérature). Mais elle reste encore marginalisée et non officielle. Puisqu’en effet, le meilleur moyen d’en faire LA langue marocaine passe à travers l’enseignement. Mais cela demandera beaucoup d’efforts et de patience puisque ce domaine doit être entièrement réformé.
Dans l’absolu, la meilleure solution serait d’officialiser toutes les langues marocaines comme l’a fait l’Inde (15 langues officielles). Et cela permettrait donc d’affirmer réellement notre richesse culturelle. Mais cette solution reste une utopie puisqu’il faudrait un enseignement national qui pourrait valoriser cette richesse.
Darija, langue du peuple ?
La darija apparait comme LA langue du peuple marocain puisque c’est la seule qui est plus ou moins parlée partout dans le royaume (même dans les régions berbères on arrive à se comprendre, notamment avec les touristes), mais aussi puisqu’elle regroupe des mots des diverses langues marocaines. Cependant, comme l’indique l’écrivain Mohamed Choukri : « Après l’indépendance, le pays a adopté une politique d’arabisation qui voyait la darija comme une forme corrompue de l’arabe » du fait qu’elle comprenne des mots étrangers (notamment le français et l’espagnol). Cependant, cela n’a pas empêché son utilisation dans plusieurs secteurs comme le commerce et cela depuis toujours. Mais aussi dernièrement, dans le domaine de la communication avec les publicités (Sma3ni de Maroc Télécom, par exemple) ou encore l’information (Nichane, Al Amal, Khbar
Bladna,…). Mais aussi dans le domaine artistique, notamment le cinéma, la musique (Bigg, Hoba Hoba Spirit,…), et dernièrement la littérature avec Tqarqib ennab, le dernier livre de Youssouf Amine El Alami. En effet, la darija permet la découverte des talents marocains mais aussi la scolarisation d’un plus grand nombre de personnes.
Elle est donc passée de l’oralité (le commerce) à l’écrit (la littérature). Mais elle reste encore marginalisée et non officielle. Puisqu’en effet, le meilleur moyen d’en faire LA langue marocaine passe à travers l’enseignement. Mais cela demandera beaucoup d’efforts et de patience puisque ce domaine doit être entièrement réformé.
Dans l’absolu, la meilleure solution serait d’officialiser toutes les langues marocaines comme l’a fait l’Inde (15 langues officielles). Et cela permettrait donc d’affirmer réellement notre richesse culturelle. Mais cette solution reste une utopie puisqu’il faudrait un enseignement national qui pourrait valoriser cette richesse.