Traverser la rue en courant. Aller au pisri. Acheter des caramels. Les manger trois par trois. Courir pour ne pas être en retard en cours. On court et on arrive en même temps que le prof de maths. Il est déjà 8h05.
On revient à midi. Du soleil, mais pas de migraines pour l’instant. On va à la boulangerie. Une longue file d’attente. L’odeur du pain chaud. Zut, pas d’argent ! C’est pas grave, on paiera plus tard : ici on vous connait bien. On traverse la rue pour rentrer à la maison. On revient parce qu’on a oublié d’acheter la limonade. Et on en profite pour acheter des bonbons.
On croise ces mendiants qui vous connaissent depuis des années, qui connaissent votre nom, vos habitudes,… On leur file la monnaie parfois. Tant pis pour les bonbons, ça sera pour une autre fois !
Quatorze heures moins cinq. Encore en retard. Mais on aimerait bien s’acheter un biscuit… ou deux ; un Tagger de préférence. Et puis, on s’oublie parmi cette multitude de choix… Il est déjà 14h05. Encore en retard. Toujours en retard…
Des vendredis après-midi perdus à errer « chez Rahal ». Des gens. Du bruit. Des amis. Des fous rires. Des pleurs. Des doigts d’honneur. Un début de conjonctivite. Des bagarres. Moul détail. Une cigarette ? Frime, tentation… non, merci ! Zemzem. De l’eau. Des œufs. Des cris sauvages. De la vie. Un clin d’œil. Son sourire. Il est parti.
Et puis, le vide. On évite d’y aller par peur de croiser un « vieil ami » et de ne pas savoir quoi lui dire. On ne traverse plus cette rue. On change de chemin…
Entre temps, une pharmacie a ouvert à l’endroit qui servait de dépôt de marchandises. L’pisri a été délocalisé plus loin ; un hanout version moderne a ouvert à la place avec des caissières diplômées bac+1 et où tout est propre et nouveau. Mais ça n’a plus le même charme. Même la boulangerie a fermé. Rahal s’est barré. Et il a pris tous mes souvenirs avec.