Rim℮rrante

« Laisse moi mon stylo, y'a pas moyen que je m'arrête ; j'ai une envie d'écrire comme t'as une envie de cigarette. » Grand Corps Malade

Khalil Gibran – Le Prophète 25 juillet 2009

Classé dans : Lis tes ratures — rimerrante @ 21:59

Alors un orateur intervint : « Parlez-nous de la Liberté. »

Il répondit:

«  A la porte de la ville, au coin de l’âtre, je t’ai vu te prosterner et vénérer ta propre liberté,

Comme des esclaves se prosternent devant un tyran et le louent alors même qu’il les tue.

En vérité, au hallier du temple comme à l’ombre de la citadelle, j’ai vu les plus libres d’entre vous porter leur liberté comme un joug et des menottes.

Et mon cœur saignait au-dedans de moi ; car on ne peut être libre que lorsque le désir de liberté devient un harnais, lorsqu’on cesse d’en parler comme d’un but et d’un accomplissement.

Tu deviendras libre non quand tes jours seront dénués de souci, tes nuits de besoin et de douleur,

Mais bien lorsque ces choses borderont les franges de ta vie sans empêcher que les surmontes, nu et libre.

Et comment t’élever outre ces nuits et ces jours à moins de briser les chaines qu’à l’aube de ta compréhension tu as toi-même serties autour de ton midi ?

En vérité, celle que tu appelles liberté est la plus solide de ces chaînes, bien que les maillons en scintillent au soleil et t’éblouissent.

Et qu’est-ce autre chose que des bribes de ton propre moi que tu voudrais écarter pour te libérer ?

S’il s’agit d’une loi injuste que tu voudrais abolir, cette loi fut rédigée de ta main sur ton propre front.

Impossible de la gommer en brûlant tes codes législatifs, ni en lavant le cerveau de tes juges, quand même tu ferais couler la mer dessus.

Et si c’est un despote que tu voudrais détrôner, veille d’abord à ce que son trône érigé en toi soit détruit.

Car comment le tyran régirait-il le libre et le fier si leur liberté ne contenait une tyrannie, leur fierté de la honte ?

Et si c’est là un souci auquel tu voudrais renoncer, tu l’as choisi plus qu’il ne t’a été imposé.

Si c’est une crainte que tu voudrais dissiper, son siège se situe dans ton cœur, pas dans la main de qui est craint.

En vérité, toutes choses se meuvent en ton être en une constante demi-étreinte, le désiré et le redouté, le haï et l’adoré, l’espéré et ce que tu voudrais fuir.

Ces choses se meuvent en toi comme la lumière et l’ombre, en paires inséparables.

Et quand l’ombre pâlit et n’est plus, la lumière qui s’attarde devient l’ombre d’une nouvelle lumière.

De même, ta liberté, en perdant ses fers, apparaîtra comme le fer d’une plus grande liberté. »

 

Beaucarne 24 juillet 2009

Classé dans : Lis tes ratures — rimerrante @ 22:40

” Ton christ est juif, ta pizza est italienne, ton café est brésilien, ta voiture est japonaise, ton écriture est latine, tes vacances sont turques, tes chiffres sont arabes et… tu reproches à ton voisin d’être étranger ! “

 

faith 21 juillet 2009

Classé dans : Me, myself and I, NoMad's Land — rimerrante @ 11:23

When you always know that it’s over before it begins, when you know that everything is said and done before you say a single word, when you know that you do not belong here, when you thought that things would change,… after all that, you just realize that you were simply wrong, that the only thing that lasts is your faith. so just hang on and do not give up your faith in god.  you may not belong (anyw)here, so what ? you’re stronger than just giving up so easily, you do not even need people to be thankful to you, you just need to be yourself. so just find yourself and stay strong… because that is what you really are. do not care about what they say, what they think, just love it all (life, god, people, work,…) and let your faith make all the rest work ! :)

 

La vie d’un junkie de bonne famille 8 juillet 2009

Classé dans : Me, myself and I — rimerrante @ 19:59

medfrd2137

La vie d’un junkie de bonne famille. Sympa comme titre de roman ! Maman porte le voile et prêche la bonne conduite, conseille aux jeunes filles de suivre SON chemin mais, en même temps autorise son fils chéri à « hook up » à droite et à gauche, prétend que son argent ne doit pas se salir dans les « endroits de Satan » et pourtant débourse des centaines de dirhams dans le financement des « bouteilles » de son fils. Hypocrisie ou simple naïveté venant de la part de cette Maman d’un fils de bonne famille ? A votre avis ?!

Quant à Papa, il est fier -en cachette, bien sur ! – de son fiston qui a suivi son (propre ?) chemin : c’est ça la jeunesse, après on deviendra plus sage ! Oui, c’est ça la jeunesse, c’est ça GRANDIR, être autonome et responsable. C’est se laisser influencer par une bande d’idiots comme on  en trouve partout, se trouver « fachion », et bien sur… faire genre ! Je n’ai même pas besoin de me questionner sur les raisons psychologies et psychiques qui amènent ces jeunes à se comporter ainsi, c’est évident que c’est la preuve d’un manque réel de confiance en soi, de personnalité et d’assurance.

La vraie question concerne le comportement des parents. Ce n’est pas pour rien qu’on les appelle « responsables » ! Je n’excuse pas pourtant cette jeunesse débauchée. Mais dans une société aussi hypocrite que la notre, comment reconnaître le fautif ? On fait semblant de ne pas savoir, et le jour où le fils rentre saoul, on s’étonne, on accuse les amis, « asdika’ assou’ », on n’en parle pas pendant les réunions de famille, mais on continue à ragoter et à critiquer les fils des autres.

On trouve dans la langue espagnole un mot intéressant, et pourtant si commun : Inocente. On pourrait croire que ça a le même sens que naïf, ou que c’est le contraire de coupable. Mais ce mot a un tout autre sens : il fait référence à une personne qui renvoie toujours la faute sur les autres : le train qui est parti, le verre qui s’est cassé, et la vie qui est… comme ça !

Ne soyez alors plus étonnés si l’on vous dit un jour que la société marocaine est inocente (il n’y qu’un « n » en moins, mais il fait toute la différence !)

 

Kénizé Mourad – De la part de la princesse morte 27 juin 2009

Classé dans : Lis tes ratures — rimerrante @ 00:27
« Tous les buts se valent du moment que l’on vit à fond. L’important n’est pas d’arriver mais de marcher et surtout de trébucher car cela nous oblige à nous remettre en question »
 

Standby 27 juin 2009

Classé dans : NoMad's Land — rimerrante @ 00:02

En attendant les résultats… elle reprend goût à la vie. Mais un goût amer, malgré tout. L’ennui la tue, elle a hâte d’être en septembre (encore faut il qu’elle soit là-bas). Et entre temps, elle lit, elle cherche, elle rêve comme à son habitude, elle vit comme elle peut… cette vie que beaucoup qualifierait de vi(d)e. Mais c’est sa façon à elle, non pas de passer le temps mais d’en profiter : au milieu de ses livres, perdue dans ces mots dont elle retrouve peu à peu le goût.

En attendant les résultats… elle est heureuse. Elle ne tue plus le temps, elle le fait vivre. Prête à aller loin, à bosser dûr cette fois, à ne plus se reposer sur ses lauriers. Elle a hâte de vivre sa vie, celle qu’elle a laissé de côté cette année pour des raisons qu’elle ne veut même plus se remémorer…

Souhaitons lui bonne route !

 

هُرَاء 26 juin 2009

Classé dans : NoMad's Land — rimerrante @ 23:57

Passer son bac comme on passe son chemin. Indifférente. Seulement un goût amer, en plus. Ou serait-ce simplement le goût du chocolat noir ?

Assumer sa connerie sa paresse sa pédanterie son arrogance sa fierté sa stupidité. Tout. Tout assumer. Même ce qu’on rate. Même ce qu’on aurait pu réussir. Choisir la défaite, est-ce une défaite ? Ou n’est-ce que la conséquence de la toute première défaite… ? La défaite originelle !?

Comme une claque qu’on reçoit en plein visage, et qui réveille d’un rêve si doux qu’on en oublie le sens de la réalité. Mais est-ce le rêve ou la giffle qui m’a fait oublier la réalité ? Et quelle réalité ? Il est trop tard pour philosopher… philosopher le passé ?

Le présent s’envole déjà, je ne voudrais pas le rater. Et puis même le futur est tellement ennuyant : tout y est probable, mais rien n’y est possible.

Passer son bac comme on passe son chemin. Et changer de vie comme on change de trottoir. Rien n’est plus simple, il suffit de traverser…

 

Défouloir 26 juin 2009

Classé dans : NoMad's Land — rimerrante @ 23:50

Midnight. My computer and I. Alone again. No more loneliness, only sorrow. And void. No more words. No more things to tell the world. Sad soul and empty mind. Why does it seem easier to write all this in english ? Maybe because it has no sense… Not in french ? Yes. Why ? Stop asking me questions. My soul, I am glad to meet you again. It has been a long time. Stupid. Here is home. MY home. This is my therapy. It consists on admitting the truth : I am no longer the person I used to be ; I do not write. But of course I do, right ? That is what I am doing every single school day : writing and writing… what they want me to write. But what about me ? And is it only THEIR fault ? All I know is that I need this : I need to empty myself from all this void in me. And I am going to do it here. Every time I need to express anything (logical or not, boring or stupid) in any language I want (and of course, any language I know).Let this be my therapy. No one will know it… except YOU. You, who doesn’t know me and YOU who didn’t know mi* before. Yes, I have to empty myself from this void in me to let life fill my soul.

It is not a mis/take

 

Carrefour 8 août 2008

Classé dans : Atelier d'écriture 2oo7-2oo9 — rimerrante @ 23:44
Tags: , ,
© F. Cohen Moreau

© F. Cohen Moreau

 

 

Ici se croisent wlad lyautey, et wlad lmakhzen, wlad che3b et wlad leflous ou tout simplement tous les wlad derb. Mélange. Brassage. On s’ignore. On se regarde à peine. Mépris. Envie.

Mais tellement de choses en commun. Lesquelles ?  Moi ! Je vis dans ces deux mondes : je viens de l’un et je suis dans l’autre. Je suis dans les deux en fait. Enfin, je ne sais pas…

 

Les lycéens des écoles publiques m’insultent dans la rue… les mêmes avec qui j’ai passé le brevet. Ils m’avaient bien accepté à l’époque même si je venais d’une école privée, dial leflouss comme ils disent.

Choquée. Confuse. Perdue. Coincée. Peut –être… Bent lyautey ? Ca, jamais ! Et puis mon père ce n’est pas Lyautey, il est agent d’assurances !

 

Je n’aime pas les clichés, les préjugés. On juge l’autre sans le connaitre. Mais comment faire pour savoir ? Erreur des deux cotés… Je m’en fous. Dans un an, tout ça sera du passé. Personne ne s’y intéressera : le nom de mon lycée, de mon quartier… Un jour, tout ça s’en ira. Mais ce qui restera à jamais, c’est que je suis marocaine. Et ça, personne ne pourra  me l’enlever !

 

 

wlad : enfants

lmakhzen : …

che3b : peuple

lkaryan : bidonville

dial : de

leflous : argent

derb : quartier

Bent : fille

 

8 août 2008

Classé dans : Atelier d'écriture 2oo7-2oo9 — rimerrante @ 23:02
Tags: , ,
© L. Fernandez

© L. Fernandez

 

Je suis coincée. C’est un fait, on n’y peut rien, c’est comme ça. C’est la vie. D’ailleurs on me l’a toujours dit mais ce que les autres ignoraient, c’est qu’ils étaient dans la même situation que moi. Oui, car dans ce pays, nous sommes tous coincés ! Et il n’y a qu’à voir notre situation géographique pour le prouver : (coincés) entre l’Atlantique et la Méditerranée. Mais ça ne s’arrête pas là ! Car nous sommes aussi coincés entre le tagine et le hamburger, lbelgha et les converses, jellaba et le slim mais aussi entre nos racines africaines et nos rêves européens. Et surtout, nous sommes coincés entre 1429, 2008 et 2958. Il faut dire que l’on peut fêter trois nouvelles années en une seule semaine !

 

Mais bon, chacun choisit son camp Mc Do ou Amine, Zara ou Lakriâa,… – et chacun avance à son propre rythme : quinzième, vingt-et-unième ou trentième siècle. Et d’ailleurs, cela pourrait bien expliquer l’écart qui se creuse entre les Marocains. Oui, car lorsqu’on vit pendant trois siècles différents dans un même pays, les mœurs comme les mentalités changent. Il ne s’agit pas là de critiquer certains en particulier… mais plutôt les Marocains en général ! Car où allons-nous avec quinze siècles d’écart entre des personnes qui se côtoient tous les jours ? Cela pourrait sembler être de la science-fiction. Certains l’appellent « schizophrénie ». Mais quelqu’un pourrait-il m’expliquer où est l’unité de ce pays ? Dans la langue ? Sûrement pas. Puisque même celle qui pourrait être la « langue du peuple » ne fait que réaffirmer que nous sommes coincés : un ramassis loufoque de mots de toutes les langues, voilà ce qu’est la darija !

Alors maintenant, chers cons-citoyens, la prochaine fois que vous me traiterez de « coincée », pensez bien que je ne suis pas la seule et que l’on est près de trente millions dans la même situation.

Mais bon, c’est un fait, on n’y peut rien, c’est comme ça… et c’est mon Maroc. 

 

Lbelgha : babouche